Samedi 14 avril 2012 6 14 /04 /Avr /2012 12:12

Chers lecteurs, désolée de ces longs silences...mais j'étais accaparée par plusieurs nouveaux projets, dont un site que nous venons de créer, avec 3 amies : www.dismoiparis.fr

Notre idée : proposer, autour d'un quartier, un parcours où se mêlent expositions, bars, boutiques, restaurants, parcs, activités pour enfants, etc. Des trucs et des adresses comme celles que l'on se donne entre ami(e)s.

 

Petite précision qui a son importance : nous payons nos additions et testons tous les lieux. Si ça ne nous plait pas, on n'en parle pas. La branchitude, ce n'est pas notre truc, nous cherchons plutôt les endroits originaux et authentiques !

 

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Par Coco la Bulle
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Jeudi 29 mars 2012 4 29 /03 /Mars /2012 08:50

Cher lecteur, avez-vous également du mal à vous y mettre lorsque vous vous trouvez face à un gros chantier ? Travaillant en solo, je ne sais parfois pas par quel bout prendre les choses…ou plutôt si, je le sais. Je ne parviens juste pas à commencer. Comme s’il y avait une montagne à gravir. Je suis au camp de base, avec tout l’équipement, mais l’impulsion qui permet de démarrer l’ascension n’arrive pas. Ce petit sursaut de volonté qui fait toute la différence. Or, qu’il s’agisse d’un doc de 50 feuillets à rédiger, ou, au hasard, de la comptabilité à boucler, c’est toujours le même problème : à un moment, il faut bien s’y mettre. Et savoir lutter contre beaucoup de tentations qui se liguent pour repousser cet instant fatidique.

En cette veille de marathon comptable (puisque c’est de cela qu’il s’agit ici), je me couche sereine, le programme de la matinée suivante déjà bouclé : lever 6h50, petit-déj avec les enfants, jogging jusqu’à 9h30, douche et hop, au boulot à 9h45. Beau planning. Je m’endors pleine de bonnes résolutions.

Jour J. A peine les enfants partis à l’école, je m'en vais courir, c’est bon pour le moral et ça oxygène mon petit cerveau encore tout embrumé. Retour 9h45. Douche, hummm, qu’on est bien sous l’eau chaude. Shampooing ? Oui, la tignasse en a besoin. Et un petit masque sur les pointes. Et des petites crèmes pour se faire la peau douce. Déjà 10h30 ? My God ! Et la compta qui m’attend sur mon bureau… Il va falloir être patiente, chère petite compta, car l’entame du match s’annonce difficile.

En peignoir devant son écran, je jette un œil sur sa messagerie. Good Lord. 39 messages depuis hier soir. Pubs diverses pour des promos sur mes sites préférés : non, je n’irai pas voir cette vente privée de pulls en cachemire, pas le temps et pas de sous. Revenons à nos moutons. Tiens, une copine a envoyé un message sympa sur Facebook, et cerise sur le gâteau elle est allée commenter mon dernier album photo. Allez, juste un petit tour. Bon, c’est fait. Rigolo. Sacrebleu, il reste le profil Coco la Bulle, où les notifications se sont accumulées… ne pas regarder. Plus tard, plus tard.

10h55. Après toutes ces péripéties fort inopportunément distrayantes, j'attaque bravement ma compta par la face nord. Je regarde l’hostile paperasse en tas, l’agrafeuse prête à bondir, le classeur-dont-le-mécanisme-est-toujours-défectueux et m’apprête à démarrer la phase préliminaire de mon chemin de croix, c’est-à-dire le classement des pièces. Zut, il manque quelque chose. Oui, c’est ça, un café. Je mérite bien un café.

11h. C’est parti. Vraiment cette fois. Je trie les factures, encaissement, décaissement. L’effort est magistral. On applaudit.


11h15. Bling ! Oubli fatal ! Le son de l’ordi n’a pas été coupé, et la messagerie, inconsciente de mon état de concentration maximal, signale l’arrivée d’e-mails. Il peut y avoir quelque chose d’urgent, il est donc crucial d’aller voir. Quelques pubs, deux messages de boulot, six notifications Coco la Bulle et un nouveau commentaire sur le blog. Sympa. Il faut répondre, se manifester. Ce que je fais.

11h25. Retour aux pièces comptables. Saisie des factures encaissées, c’est bien, très bien, ce sera toujours ça de fait même si ça ne représente qu’un 10ème du boulot. Le rendement est certes faible mais le grand œuvre est entamé, ce qui en soi constitue une petite victoire.

11h50. Coup de fil. Un client veut me confier un article hyper-urgent, à rendre pour…hier soir (comme d’hab). Impossible. Où le caseraits-je, j'ai  déjà du mal avec mon planning actuel, et la déclaration de TVA à rendre demain ? Et dire que la semaine prochaine, si ça se trouve,  je n’aurai rien à faire… C’est vraiment trop injuste.

12h. Texto de Roméo. Réponse au texto.

12h05. Retour aux saintes écritures. Je me lance dans les décaissements. Ouille, il y en a beaucoup plus que des encaissements, hélas. Il va falloir plonger en apnée dans le classeur. Mais tout de suite ce n’est pas possible car j'ai faim.


12h20. Je suis dans sa cuisine et me concocte une petite salade : tomates, roquette, un peu de balsamique, quelques graines bio mélangées, huile d’olive, mozarella… miam. Retour avec l’assiette devant l’ordinateur. C’est l’heure où je me donne le droit d’aller sur le profil Facebook Coco la Bulle. Un yaourth, une pomme.

13h00. J'ai mis son masque et son tuba : plouf, immersion comptable entamée. La messagerie est fermée, le son en mode ‘’mute’’. Boulot boulot boulot. Soyons sérieux. Tiens, il me vient une idée de billet pour le blog. NON. Ce n’est PAS le moment. Juste le temps de griffonner sur son petit carnet rouge pour ne pas oublier, car l’Alzheimer guette et parfois, je me souviens juste avoir eu une idée, mais quand à savoir laquelle, c’est une autre affaire. Allez, hop, c’est reparti, vive la saisie d’écritures, c’est tellement fun !


14h00. Ça suffit. Pause café encore. Enfin non pas ‘’encore’’, là c’est le café de l’après-midi, ce n’est pas pareil, j'ai le droit. Avec un carré de chocolat (voire quatre) piqué(s) au stock des enfants. Mmm, c’est bon. Une pub pour vacances paradisiaques vient d’apparaître dans la messagerie, ah, le sable chaud, le soleil, les vacances, le ciel bleu. Le CIEL* ? Ah non, pas ça, pitié. Stop, brisons-là. Retour à la réalité.

14h30. Je replonge. Je n’entends plus rien. Je suis over-concentrée.

16h35. Alarme du téléphone. Tout absorbée par ce que je faisais (si si si), Coco n’a pas vu l’heure passer, heureusement j'avais mis une alarme pour aller chercher Mistinguette au collège et l’amener à la danse… J'enfile mes bottes en catastrophe et saute dansma voiture telle Wonder Woman (sans le mini-short, rassurez-vous).

17h05. Retour sur l’ordi. Mamma mia, eBay a lancé une attaque de notifications, avec tout un tas d’articles intéressants. Argh, des bottines Freelance ont été mises sur le marché, là il faut absolument jeter un œil. Soulagement, c’est un modèle épouvantable à bouts carrés. Je passe en revue tous les articles, on ne sait jamais.

17h10. Ouf pour mes finances, tout était tartignole. je replonge dans l’univers impitoyable de ma compta.

17h45. Toutes les écritures sont saisies !!! Je fais une sortie papier et commence à pointer pour effectuer un rapprochement avec mon compte bancaire. Les bons jours, ça tombe pile-poil pareil. Mais ce n’est pas un bon jour, il y a un écart (303,05€) qui sort d’on ne sait où. Désespoir. La misérable besogneuse que je suis se penche sur ses feuilles et fait des petites croix, à l’ancienne, pour trouver l’origine de ce trou dans sa compta. Et ne trouve pas.

18h00. Triple zut, c’est l’heure d’aller chercher Mistinguette !

18h30. Après avoir récupéré ma fille et acheté du pain,je suis enfin de retour.

18h55. ‘’M’man kesk’on mange ce soir ?’’ interroge avec candeur Junior. Excellente question, merci de l’avoir posée fiston, mais sache que ta mère n’en a aucune idée et qu’elle a d’autres chats à fouetter. Ce n’est vraiment pas le moment ! Non mais se rend-il compte que je suis énervée à mort ? Pas du tout, il est déjà reparti dans sa chambre en lançant à la cantonade « le mieux est de commander une pizza ». Ben voyons. Incursion dans le frigo puis dans le congélateur. Une fois de plus, merci Picard. Sauvée. Un gratin dauphinois + du jambon, ça fera l’affaire.

19h10. Je suis  totalement déconfite. Je ne sais toujours pas d’où vient cet écart. Dans un premier temps, parce que ça soulage grave, j'ai rageusement envoyé valser mes papiers, maintenant l’heure est à l’abattement. Mais où est passé ce *#^/ !* de montant ? Le vilain, le fourbe, le malveillant, l’infâme… Hébétée devant mon bureau, je regarde les chiffres me narguer. Et me remets à pointer.

19h40. Tout à coup, illumination : là, sous mon nez, à un endroit que j'ai déjà coché deux fois, il y a deux montants qui sont dans la mauvaise colonne. Deux montants qui, additionnés, font 303,05€. Méga-soulagement. Demain matin, il ne restera plus qu’à calculer la TVA. Du gâteau quand tout le reste est fait !

19h45. Roméo arrive. Je me jette dans ses bras en lançant. ‘’C’est Happy hour, j’ai presque bouclé ma compta !’’. Ouverture d’un petit Bordeaux…. ‘’Tu as tout fait ?’’ ‘’Oui, je n’ai pas arrêté une minute’’. Sincèrement, c’est vrai. Comment ça, non ?

* pour les non-initiés, CIEL est le nom d’un logiciel de comptabilité fort répandu chez les indépendants…

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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 16:41

(Que mes lecteurs de la première heure me pardonnent, mais à l'approche d'un WE romantique avec Roméo, je ne résiste pas au plaisir de ressortir ce billet qui date d'il y a presque deux ans... en espérant que je n'aurai pas autant de désagréments lors de cette nouvelle petite escapade)

 

 

Soudain, ce matin, juste après mon premier café, alors que j’étais encore dans un semi-coma, au moment où Roméo me quitte pour rejoindre bravement son lieu de travail, il prend soudain un air mystérieux et lâche « Ce soir, prépare une petite valise, je t’enlève pour la nuit… Prévois une tenue casual et une tenue chic, et sois prête à 19h30 ». Pffff. Prends ça dans la figure, boum. Avant de fermer la porte, il passe la tête par l’entrebâillement et me décoche le sourire ravi de l’infâme comploteur.

******

Bien sûr, je ne me plains pas : un si doux ultimatum, qui n’en a pas rêvé ?
Mais quelle femme n’a pas envie d’être au top de sa séduction dans ce contexte ? Hélas pour moi, ce n’est pas gagné, puisque mes jambes et mes aisselles (sans parler du reste) sont en mode jachère et même si j’arrivais à caser dans la journée un tête-à-tête avec mon esthéticienne préférée, ce soir je ressemblerai au mieux à une poule tout juste plumée, affligée de marques de cire collantes, ce qui n’est guère sexy. Quant à mes ongles (les 20), à l’examen, ils se révèlent être en piteux état et je me dis que leur réhabilitation nécessitera une bonne heure de boulot. Mais pas question de montrer du vernis écaillé à mon amoureux. Venons-en à mes cheveux : sachant que le jour où je les lave, je ressemble à Tina-Turner-meets-Michel-Polnareff, et sachant que je ne peux pas ne pas les laver, il va falloir jouer serré et prévoir moult barrettes. Ensuite, désolée d’en parler, je ne peux pas occulter un problème majeur, même si entre gens de bonne compagnie ce ne sont pas des choses dont on parle. Un sournois mal de ventre m’indique en effet que je risque fort d’être très prochainement indisposée. Là, ce serait la cerise sur le gâteau, ou comment transformer un WE câlin-caliente en séjour tampax-doliprane. Enfin quand Roméo parle de tenue chic, que veut-il dire ? Les hommes ne se rendent pas compte mais il y a des degrés dans le chic. Chic cool, chic bohème, ultra-chic, cocktail ? C’est cornélien. Résultat, il faut prévoir tant d’options que la ‘’petite’’ valise ne suffit pas.

******

Bon ça y est, enfin prête. Heureusement j’ai réussi à voler quelques instants à l’esthéticienne sur l’heure de midi, et ce soir j’ai prétexté une urgence familiale (ça en a fait rire certains) afin d’être rentrée à 17h30 pour prendre une douche, essayer de rendre présentable ce qui me tient lieu de tignasse, faire mes ongles et boucler mes malles. Mon Chevalier Blanc me rejoint vers 19 heures et hop, départ pour le nirvana. Enfin c’est ce que je crois.

********

Mazette, le lieu est somptueux… En arrivant devant la superbe grille de l’hôtel, je supplie Roméo de ne pas rentrer ma vieille voiture pourrie-et-pas-lavée-depuis-six-mois dans la cour et lui suggère de la garer dehors… Mais il n’en a cure et pénètre tel un prince dans le parc, avant d’ouvrir sa portière et de tendre au voiturier la clé du pouilleux équipage. Sale et cabossé, mon carrosse s’en va fièrement se ranger au milieu d’automobiles bling-bling rutilantes. Gardons la tête haute.

Le groom qui nous accompagnait à la chambre à peine parti, je me précipite dans la salle de bain : elle est magnifique. Me vient une envie frénétique de roucouler dans la mousse avec mon chéri, je le lui propose, il accepte… Terrible déconvenue lorsqu’il tente de me rejoindre dans l’eau… Après avoir écrabouillé ses bijoux de famille, donné des coups de coude malencontreux dans ses côtes et trempé la moitié de mes cheveux, je me dis que la position MerylStreep/Clint Eastwood dans ‘’Sur la route de Madison’’ n’est pas réalisable dans cette petite baignoire et je suis over-supra-déçue.

Au moment de mettre ma sublissime tenue pour aller dîner au fabuuuuleux restaurant de l’hôtel, je réalise avec horreur que j’ai pris la mauvaise paire de bas auto-fixants, celle qui glisse…et qui la dernière fois m’a fait mourir de honte. Je m’étais promis de la jeter, mais je ne l’ai pas fait, fatale erreur. Tant pis, à la guerre comme à la guerre, je recycle mon jean avec mes escarpins qui perchent à 11 cm et la petite veste de smoking que j’ai (fort opportunément) glissée parmi mes affaires au dernier moment. Roméo a le bon goût de ne rien dire sur le temps que je mets à me préparer, la taille de la valise et le fait que je garde mon jean. Il est vraiment délicieux.

Arrivés au restaurant, réservé à 21 heures, la serveuse veut absolument nous installer dans l’annexe tartouille et non sous la belle verrière qui fait tout le charme de l’endroit. Je suis une râleuse, je me rebiffe, on ne se refait pas. ‘’Si vous voulez une autre table, il y a dix minutes d’attente’’ déclare-t-elle dédaigneusement. Nous partons patienter au bar devant une coupette de bulles et j’explique à Roméo que non, je ne suis pas invivable mais, au contraire, respectueuse à l’extrême du cadeau qu’il me fait : on ne dîne pas dans l’annexe quand on vient ici ! Résultat, c’est à 21h50 que nous prenons possession de notre table mais le jeu en valait la chandelle. Le vin est délicieux, la lumière divine, la chère succulente, et mon amoureux, malgré le festival que je lui ai servi, me dévore des yeux... La nuit s’annonce torride.

Minuit, retour à la chambre. Trop mangé, trop bu. Bye-bye galipettes, bonjour citrate de bétaïne, je me cale dans les oreillers pour cuver mon dîner. Roméo (qui a pourtant ripaillé plus que moi, la contenance des estomacs masculins reste un mystère) a l’air en pleine forme, il tente une approche coquine et pose langoureusement sa tête sur mon abdomen. Après avoir écouté quelques mouvements de ma symphonie de gargouillis en burp majeur, et sentant bien que mon estomac ne supporte aucun contact, le pauvre bat en retraite et ne tarde pas à ronfloter de son côté, pendant que je cherche le sommeil en regrettant d’avoir dérogé à ma sacrosainte règle du ‘’jamais entrée-plat-dessert le soir’’.

Dix heures du matin. Toc-toc-toc. Room service ! Le petit-déj est derrière la porte, miam… Roméo, très galant, me laisse plonger sous les draps, se lève, enfile son peignoir et va ouvrir. Cling-cling, arrivée du plateau, la porte se ferme. Un ange passe. Alors que je pense pouvoir émerger sans témoins et que j’émerge donc, tous mes attributs à découvert, je me trouve face à face avec le garçon d’étage en train de disposer la table sans un bruit afin de ne pas me réveiller. Horreur, je replonge sous les draps. Déjà que ma tête le matin n’est pas un cadeau, alors ma tête plus tout le reste, oups !

************
Et bien le croirez-vous ? Au retour de cette escapade ultra-romantique, Roméo est plus que jamais amoureux… Moralité 1 : même une râleuse impénitente, une cata ambulante comme moi peut trouver chaussure à son pied. Moralité 2 : les critères qui définissent un week-end réussi ne sont pas forcément les mêmes pour tous les amoureux. Moralité 3 : un plan a priori raté peut laisser le plus merveilleux des souvenirs.

 

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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 07:48

Chers lecteurs, ceux d’entre vous qui ont la chance de partager leur vie avec des ados le savent : dans le registre déjà considérablement limité de nos garçons, il est aujourd’hui un adjectif roi. J’ai nommé le seul, l’unique, la réponse à tout : ‘’TRANQUILLE’’.

Et à la maison, j’en ai un qui est sacrément tranquille.

Au réveil ? Assurément, et tellement qu’il se rendort la moitié du temps. Et sursaute, ahuri, quand je me pointe 30 mn après sa sonnerie de réveil pour lui signifier l’urgence de sauter du lit.

A la toilette ? Tout à fait, car lorsque je viens cogner à la porte au bout de 20 mn de douche, il beugle qu’il vient juste de commencer.


 ado-douche.jpg

 

Pour partager la salle de bain ? Absolument, car lorsqu’après les 25 mn de douche de Junior et 5 mn de délai de grâce, sa sœur ose dire qu’elle aimerait bien accéder au lavabo, il répond qu’il se sèche et ne daigne sortir que 10 mn plus tard. Après tout, elle n’avait qu’à y aller avant, et tant pis elle est plus pressée que lui. Car il est tranquille…mais sans pitié.

Pour aller au lycée ? Totalement, d’ailleurs il part tellement en avance que je me demande chaque matin quelle mission mystérieuse il accomplit sur le trajet.

En rentrant le soir ? Pleinement, quand je l’interroge sur sa journée, la réponse est toujours la même et tient en ce fameux adjectif.

Au moment de faire les devoirs ? Excessivement, puisqu’il est capable de réfléchir des heures à un seul malheureux exo de maths, allongé sur son lit, les pieds contre le mur. Le rendement, ce n’est pas son truc.

Le WE ou pendant les vacances, quand je lui propose de se débarrasser tout de suite de son boulot ? Pfff, évidemment, il a tout son temps, il procrastine comme un chef et me rend marteau.

Au dîner ? Egalement, le nez plongé dans son assiette, absorbé par la contemplation de l’emmenthal fondu sur ses nouilles (pas sur ses épinards, ça ne risque pas). On sous-estime le pouvoir hypnotique de l’emmenthal fondu.

Quand il est de corvée de lave-vaisselle ? Brillamment, étant donné qu’il ne met dedans que ce qui est dans son champ de vision direct, et que nous sommes obligés de le rappeler pour lui montrer que, dans l’évier également, il y a de la vaisselle sale. Il ne l’avait pas vue, c’est tout…

Quand il doit aller se coucher ? Désespérement…car je lui demande expressément de ne plus faire de bruit après une certaine heure, histoire de ne pas empêcher les ‘’vieux’’ de dormir. Mais non, il se fait un petit café au lait et des tartines à 22h, va se laver les dents à 23h et vers minuit repasse aux toilettes, histoire que tout l’appartement soit au courant…

Bon, j’avoue (désolée pour ce djeunisme), j’exagère, car malgré cela mon Junior chéri est adorable ! Et de bonne composition dès que je lui demande un service : aller chercher du pain, descendre la poubelle, accompagner sa sœur si besoin. C’est juste que nous ne vivons pas au même rythme et que sa nonchalance me stresse un tantinet. Mais après tout, il a peut-être raison. Je ferais bien, moi aussi, d’être un peu plus ‘’tranquille’’.

 

 

Illustrations de Maud Benaddi (merciiii...)

http://maudemploi.illustrateur.org/

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Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 10:02

Chers lecteurs du sexe dit ‘’fort’’, pourriez-vous me donner votre secret pour vous endormir en 30 secondes chrono, voire 45 si vous êtes préoccupé ? Cette injustice criante me révolte depuis que je suis en âge de dormir auprès d’un homme et aujourd’hui, à 45 ans passés, je dis stop. Halte à la provocation !

***

23h30. C’est merveilleux : j’ai bien l’impression que j’ai sommeil. Je viens de lire quatre fois le même paragraphe sans réussir à imprimer, mes paupières sont lourdes, ouste, battons le fer tant qu’il est chaud, j’éteins.

23h35. Roméo n’a pas entendu mon silencieux appel. Non que je veuille à tout prix l’obscurité pour sombrer dans les bras de Morphée. Par contre, je suis accro au bref moment que j’aime passer, nichée au creux de son épaule, juste avant de sombrer. Enfin quand j’ai sommeil. Et de toute façon là, ce n’est pas au programme car Roméo lit (son bouquin a l’air passionnant, la tuile). Pendant ce temps, j’essaie de ne pas perdre le fil de mon endormissement. C’est mal barré. Plus ça va, plus je suis réveillée même si j’essaie de me laisser aller.

23h56. Roméo regarde sur son iPhone s’il a bien mis son réveil. Et en profite pour pianoter.


00h10. Mon délicieux amoureux a enfin déconnecté son appendice téléphonique et éteint sa lampe de chevet. Je me love sous la couette, je me dis qu’enfin, je vais pouvoir m’assoupir, et cela semble venir…

Badaboum !
Si Roméo voulait faire discret pour aller aux oua-oua, c’est raté. Il vient de se manger le carton de bouquins que (selon lui) j’ai laissé dans le passage. Je l’entends étouffer un cri et le vois s’éloigner en sautillant pour hurler sa douleur (et sa haine du-dit carton) dans une autre pièce.

00h20. Roméo se recouche ENFIN. De mon côté, c’est la cata. Je suis aussi réveillée qu’après trois cafés et un litre de jus d’oranges. Mes yeux étant habitués à l’obscurité, je me refuse à rallumer pour bouquiner en me disant que le sommeil va vite revenir. Ce en quoi, bien sûr je me leurre grave.

 

00h21. Mon homme adoré dépose un baiser fugace et ensommeillé sur mes lèvres et s’installe dans sa position favorite.

00h22. Il dort.

Je répète : il dort.

Sa respiration régulière me le confirme, il n’a eu besoin que d’une demi-minute pour passer du côté obscur.

Il m’énerve (doux euphémisme).

 

00h55. Toujours RAS de mon côté. Ça fait environ 20 fois que je passe de la position sur le dos à la position sur le ventre. Et je gamberge, je lave plus noir que noir. C’est fou comme à ces heures-là, les soucis prennent des proportions éléphantesques, mammouthiennes même. Bref, la fin du monde est proche dans ma pauvre tête.

 

00h56. Damnation. Là, il ne s’agit plus de respiration régulière, mais plutôt de quelque chose que je qualifierais de ronflement. Petite poussée latérale afin de faire gentiment comprendre à Monsieur que je ne vais pas tolérer ça. Il grogne un peu et change d’orientation. Ouf.


coco-nuit

 

00h57. Mais non pas ouf ! J’ai hérité du seul homme capable de ronfler dans toutes les positions, ou presque. Tout ça pour dire que ça continue. Rrrrrrrr, pfffffff. Là, il le fait tellement fort que ça le réveille lui-même. J’éclate de rire (gardons un peu d’humour même dans l’adversité) et lui aussi. Chouette, me dis-je, il ne dort plus, on va peut-être pouvoir discuter voire même, qui sait…

 

00h58. Rrrrrrrr, pfffffff. C’est reparti. Rendormissement instantané. Je suis dégoûtée ! Je proteste ‘’ah NON’’, ça suffit là. Il émerge un instant ‘’j’ai ronflé ? Désolé’’ et il se tourne à nouveau. Miracle. Là, l’ambiance sonore s’apaise.

00h59. Catastrophe, j’ai envie d’aller aux oua-oua maintenant. Mais si je bouge, vu qu’il a le sommeil léger, il va changer de position or là, dans celle-là, il ne fait aucun bruit. Dilemme.

1h59. Je vais aux oua-oua (je ne peux plus tenir).

 

2h30. C’est super car, à cette heure là  théoriquement il n’y a aucun bruit. Et pourtant, à chaque fois que j’ai la vague impression que je suis en train de m’assoupir, hop, le voisin du dessus tire la chasse d’eau, le bébé d’à côté fait un cauchemar hurleur ou la jeune femme du 3ème choisit ce moment pour rentrer, perchée sur ses talons hauts archi sonores. J’en ai marre !

3h30. Ayé les amis, j’ai peaufiné les pires scénarios catastrophes, je devrais prendre un bloc pour noter, je pense que je pourrais être en lice pour les Oscars dans la catégorie mélo si ça existait. Je psychote à mort, entre deux phases de ronflette de Roméo.

4h50. Je jette un énième coup d’œil à mon téléphone, ça me rend malade, et dire que le réveil sonne à 6h30…je vais être fraîche comme une crevette qui aurait fait Le Tréport/Strasbourg à pattes.
Ensuite, le blanc total.
Tout ce dont je me souviens, c'est la sonnerie du réveil... et la sensation d'avoir dormi 5 minutes. Roméo, lui, se lève comme une fleur, part faire ses ablutions et prendre son café.


6h50. Il revient dans la chambre et me dit ‘’Tu as bien dormi ? Parce que moi, je ne sais pas ce qui s’est passé, mais j’ai l’impression que ma nuit a été trop courte’’. Sans commentaire…

 

Illustration de Maud Benaddi (merci ma belle !)

http://maudemploi.illustrateur.org/


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